Nicolas Lapierre, son bilan à cœur ouvert !
Nicolas, quel est ton premier bilan de saison ?
« Nous avons fait une très bonne deuxième partie de saison. En fait, depuis les 24 Heures du Mans, nous avons réalisé un vrai bond en avant. Le début de l’année n’avait pas été évident : à Barcelone, nous n’avions pas encore la nouvelle voiture et avons connu un problème mécanique, à Spa nous perdions le podium dans les derniers tours. C’est au Mans qu’il y a eu un vrai déclic ! Nous ne pouvions espérer mieux que cette cinquième place ! »

Comment expliques-tu ce déclic ?
« Jusqu’à là nous avions réuni tous les paramètres pour réussir, mais nous n’étions pas encore dans une bonne spirale ; il y avait aussi la pression… Et puis pour Le Mans, tout s’est parfaitement imbriqué. Le team a été au top à tous les niveaux et la n°11 n’a rencontré aucun souci. C’est le fruit du travail et la réussite qui nous sourit ! Nous savions que nous pouvions décrocher ce résultat. Et ce résultat, il nous a véritablement boostés ! »
As-tu douté à un moment ?
« Non, j’ai toujours su que nous étions capables de faire cette performance. A Barcelone, nous aurions pu gagner, à Portimão aussi. On sentait que les choses avaient évoluées par rapport à 2008 où le timing était vraiment serré et les événements jamais en notre faveur. Cette fois, nous sentions que les choses étaient plus stables, plus « calées ». Dès les premiers tours de la ORECA 01, nous avons pu compter sur une auto plus aboutie que l’année précédente. Et même si Spa a été difficile, nous avons toujours conservé une certaine sérénité. Je savais qu’on allait atteindre l’objectif ! »

Le fait d’être associé à Olivier Panis a-t-il été un paramètre important pour toi ?
« Oui dans la mesure où l’on se connaît désormais très bien. Par ailleurs, nous n’avions plus à découvrir la discipline : nous avions déjà nos marques. La continuité a été primordiale. Olivier a une telle expérience qu’il sait relativiser ; il sait avoir le bon dialogue pour avancer et hiérarchiser les priorités. D’une manière générale, je pense qu’il y a une bonne communication entre Olivier et moi, entre nous deux et Hugues de Chaunac, et aussi avec les ingénieurs. Même lors de périodes délicates, nous avons su nous dire les choses pour avancer et surmonter les difficultés. J’ajouterai également que Soheil (Ayari) a été excellent au Mans. Il n’était pas dans les meilleures conditions car il avait peu roulé avec l’auto, mais il a fait un super job. »
A Silverstone, le team décroche une victoire très attendue avec toi et Olivier…
« C’est une vraie délivrance, une explosion de joie parce que ça fait deux ans qu’on bosse dur pour ça. Deux ans que les mécaniciens sont à bloc, qu’ils s’investissement à fond. Après Le Mans, on attendait cette victoire à Portimão, mais nous avions eu un ennui technique. A Silverstone, nous avons fait un bon week-end, sans commettre aucune faute. Personnellement, je n’avais plus gagné depuis un petit moment et ça fait un bien fou ! »
Quel regard portes-tu sur Petit Le Mans ?
« L’objectif était différent : nous y sommes allés pour apprendre. Ce déplacement aux USA nous a permis de sortir de la routine et de voir autre chose. Nous avons mis le doigt sur plusieurs points à améliorer. Ça nous a ouvert l’esprit, aussi bien l’équipe que les pilotes. L’autre enseignement, c’est la comparaison directe avec Acura. Si nous avons souffert en qualifs, en course nous étions mieux et plus rapides qu’eux d’une manière générale. Sans notre premier arrêt au stand (pneus usés prématurément), je pense que nous aurions pu finir dans le même tour que les Diesels. Cela montre que nous nous sommes rapprochés de Peugeot et Audi ! »
Comment as-tu abordé cette dernière course en Asie ?
« J’ai pris ça un peu comme un bonus. La décision a été prise tardivement, mais c’est une bonne expérience que de découvrir un nouveau circuit, de courir sur un format différent. Nous avons décroché deux podiums, ce qui est positif sur le papier. Mais en tant que pilote, on veut toujours gagner ; il y a donc une petite déception, ou plutôt une frustration… »
Pour conclure, quel est ton meilleur souvenir ? et ton regret ?!
« Si il y a un regret, c’est celui de ne pas avoir pu jouer le titre. Nous avions les moyens de le faire : nous avons été compétitifs toute la saison, toujours en position de terminer sur le podium, voire de gagner sur la majorité des épreuves.
Du côté des bons souvenirs, il y en a plusieurs. Le Mans bien sûr : c’est un mythe et on ne pouvait faire mieux que ce résultat avec les diesels devant. Et puis aussi Silverstone: c’est la première victoire symbolique de la ORECA 01. Difficile de choisir entre les deux…, mais je dirais Silverstone. La première marche, c’est quand même très agréable ! »












